Interview par Yomiuri Shimbun sur “MAKE A WISH DAISY PROJECT” avec RINA

“Je n’arrêtais pas de me demander pourquoi ma famille était la seule qui foirait.” – Elle se souvient de son enfance où elle luttait seule avec ça sans pouvoir en parler à qui que ce soit. “Je me demande combien ça aurait pu m’aider à l’époque si mon·ma musicien·ne préféré·e me disait qu’il y a des familles comme la mienne.” – RINA

Rester à la maison, mais qu’en est-il si la maison n’est pas un endroit sûr pour tous ?
Soutien aux femmes survivant aux violences domestiques

Un pyjama simple avec des accents de passepoil blanc sur du satin couleur chocolat. Il y a un modeste message au dos du col : “Les recettes seront versées à des organisations qui soutiennent les femmes dans le besoin vivant seules et les personnes qui vivent dans un environnement familial”.

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Demander de l’assistance via une collecte de fonds en échange de pyjamas

L’année dernière, RINA et son amie et mannequin Seina ont commencé le “MAKE A WISH DAISY PROJECT”. La première chose sur laquelle elles ont travaillé était la production de ces pyjamas. “Il y a bien entendu des cas où on a besoin de communiquer sur ce sujet d’une manière sérieuse. Mais pour nous, nous voulions que l’entrée en matière soit moins sérieuse, pour l’incorporer dans notre vie de tous les jours et que ce soit chic. Aussi, pour en faire quelque chose qui rappelle le soutien qu’on donne.”

En échange des pyjamas et de la demande de soutien via financement participatif, plus de 7 millions de yens (environ 54 000 euros) ont été collectés en un mois et demi depuis décembre 2020. Après avoir retiré le coût des matières, elles ont fait don de 1.29 million de yens (environ 10 000 euros) en août cette année à deux associations qui soutiennent les femmes survivant à des violences domestiques, des mères célibataires, des pères, etc. Depuis, elles ont vendu des T-shirts originaux et d’autres produits sur leur magasin en ligne.

RINA a rencontré Seina dans un magasin de mode vintage dans lequel elle allait souvent. Elles se sont bien entendues, partageant un intérêt pour les vêtements ainsi que d’autres points en commun. Elles se rencontraient une fois par semaine, discutant à des cafés et faisant du shopping, et ont appris qu’elles étaient toutes deux perturbées par leur situation familiale. “J’aimerais tant pouvoir faire quelque chose pour les personnes qui sont dans la même situation que moi.” En cette période durant laquelle elles discutaient fréquemment de ces pensées, la pandémie débuta.

“On nous a ordonné de rester à la maison, mais je pensais au fait qu’être à la maison n’est pas une sécurité pour tout le monde. Il y a un danger différent, outre le virus. Ça m’a fait réaliser que si nous continuions à vivre nos vies normalement, je n’y aurais jamais pensé”, a dit RINA, repensant au printemps dernier. Seina n’en pensait pas moins. Elles deux se sont mises d’accord que si elles devaient faire quelque chose, c’était le bon moment.

Lutter seule en tant qu’enfant à penser, “Pourquoi est-ce que ma famille est la seule qui foire ?”

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RINA a été élevée en tant que fille aînée de cinq frères et sœurs dans une famille élevée par une mère célibataire. Sa mère s’est remariée, mais sa relation avec l’autre homme lui a fait mal mentalement. C’était dur de voir sa mère ainsi. “Comment puis-je la protéger ? Je veux rendre ma mère heureuse”, est ce qu’elle a toujours pensé. À l’âge de 15 ans, elle a commencé son rêve de travailler dans la musique. Cependant, quand elle travaillait, des appels téléphoniques de sa mère la secouaient – c’est tout ce qu’elle pouvait faire pour garder son sang-froid. Naturellement, sa mère ne pouvait pas assister aux concerts.

Durant sa deuxième année de lycée, son rêve de passer sur un label majeur est devenu réalité et elle a déménagé à Tokyo. Comme ses frères et sœurs se plaignaient de son départ, elle s’est sentie coupable d’être “la seule qui a pu s’en aller”. Renforçant sa détermination, elle s’est dit, “Je vais m’assurer de réussir et de rendre à ma famille”, et elle a continué à soutenir sa famille financièrement. En souriant avec douceur, elle a dit, “Bien sûr que c’est un travail que je veux, et j’aime être dans un groupe – c’est tellement amusant. Mais je pense que j’ai pu aller si loin sans m’arrêter parce que je me souciais de ma famille.”

“Je n’arrêtais pas de me demander pourquoi ma famille était la seule qui foirait.” – Elle se souvient de son enfance où elle luttait seule avec ça sans pouvoir en parler à qui que ce soit. “Je me demande combien ça aurait pu m’aider à l’époque si mon·ma musicien·ne préféré·e me disait qu’il y a des familles comme la mienne.”

Elle était également réticente à partager des choses qui n’étaient pas en lien avec la musique. Cela dit, maintenant que les fans peuvent se sentir plus proches des artistes via les réseaux sociaux, elle a ressenti qu’elle pouvait se rapprocher des fans. De plus, une autre raison était que sa relation avec les fans du groupe a changé à la fin de sa vingtaine.

SCANDAL a lancé son propre label au sein de sa maison de disques [Victor Entertainment] il y a 3 ans. Elles ont commencé à faire la promotion d’activités, plus indépendantes. “Nous pouvons maintenant parler de ce qui nous inquiète. Nous sommes capables de faire de la musique en tant qu’être humains, en montrant aussi les côtés négatifs. J’ai la sensation que nos fans nous parlent aussi en tant qu’êtres humains semblables.” Ressentant ce soutien chaleureux, elle a pensé qu’elle pourrait lancer ce projet à ce moment-là. Elle y met toute sa force : “J’ai reçu des lettres de fans disant, ‘Je suis dans le même bateau’. Je suis également entrée en contact avec des gens qui apprennent l’existence de ce genre de sujet pour la première fois. On dirait vraiment que les choses sont communiquées.”

“Parce que j’ai mes trois autres membres de groupe… Faire quelque chose seule aurait été absolument impossible pour moi”

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SCANDAL a joué dans un club de musique live à Odaiba, Tokyo, le 3 octobre dernier. Elles ont joué des chansons cool et mignonnes les unes après les autres, comme par exemple des chansons dansantes et des chansons à thèmes très Rock. RINA était entourée des membres, tapant sa batterie avec puissance. Ça fait 15 ans que le groupe s’est formé. Ses trois camarades de groupe ont compris sa situation et l’ont gentiment soutenue. Elles ont également soutenu ce projet actuel du plus profond de leur cœur. Un endroit confortable peut être trouvé ici. “Être avec ces trois-là m’a toujours rendue enthousiaste et heureuse. Nous allons bien les unes avec les autres en tant qu’êtres humains. J’y suis arrivée pendant ces 15 ans parce que j’ai ces trois personnes à mes côtés. Faire quelque chose seule aurait été absolument impossible pour moi.”

Sa situation familiale a toujours été un complexe pour elle, mais dernièrement, elle a pu l’accepter petit à petit. Il y a des pensées et problèmes qu’elle arrive à remarquer dûs à son expérience dans ce domaine. La quantité de soutien n’est pas si grande pour l’instant, mais elle a la sensation que les réponses vont de l’avant. “Je suis sûre qu’il y a des gens qui souffrent et se demandent si leur situation actuelle va continuer ainsi. Je veux continuer à faire ceci pendant longtemps pour que ces gens sachent qu’ils ne sont pas seuls.”

“Vivons comme nous le voulons, sans s’opposer à qui que ce soit”

Nous avons demandé à RINA de parler de ses goûts personnels.

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  •  L’attrait de la batterie
    La manière dont les sentiments vont ressortir dans le son. Si on est de mauvaise humeur, on ne produira aucun son amusant. J’ai commencé à le faire et j'ai trouvé que ça m’allait bien.
  • Les mots qu’elle chérit
    “Vivons comme nous le voulons, sans s’opposer à qui que ce soit.” J’ai toujours chéri cela dans mes activités musicales. C’est la sensation que nous quatre sommes à l’aise à faire ce qu’on aime.
  • Comment elle se rafraîchit
    En regardant des animés ou des films palpitants et légèrement effrayants. J’aime la peur de quelque chose de bizarre et mystérieux.
  • Articles de mode favoris
    Incorporer des articles vintage. La plupart d’entre eux viennent d’Europe. Beaucoup de mes éléments d’intérieur sont d’anciens objets achetés dans des marchés aux puces.

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